Artiste céramiste entre la Corée du Sud et New York, Dohwa Kim a déjà parcouru onze fois le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 2026, elle s’apprête à repartir pour une douzième aventure, avec un objectif particulier : découvrir le Chemin du Puy-en-Velay, un itinéraire qu’elle rêve de parcourir depuis de nombreuses années.

Une première découverte grâce aux livres

L’histoire de Dohwa Kim avec le Camino de Santiago commence en 2006. À cette époque, elle découvre le chemin à travers les livres de l’écrivain brésilien Paulo Coelho, notamment Le Zahir et L’Alchimiste.

Ces lectures font naître en elle un rêve : marcher un jour sur les chemins de Compostelle.

Quelques années plus tard, en 2011, elle réalise ce rêve pour la première fois. Depuis, le Camino est devenu une expérience récurrente dans sa vie. Onze pèlerinages se sont succédé jusqu’en 2025 et, cette année, elle s’apprête à prendre à nouveau son sac à dos pour une douzième marche.

J’ai toujours l’impression de venir sur le Camino à la recherche de moi-même.

DKDowha Kim, Pèlerine sud-coréenne

Jeune pèlerine sud-coréenne sur la Via Podiensis.

Le Chemin du Puy-en-Velay, un rêve longtemps repoussé

Pour Dohwa Kim, le choix du Puy-en-Velay n’est pas un hasard. Au fil de ses lectures et des nombreux témoignages de pèlerins, une expression revient régulièrement : le Camino serait un « tournant dans une vie ».

Parmi les différents itinéraires de Compostelle, le Chemin du Puy-en-Velay est rapidement devenu celui qu’elle souhaitait le plus découvrir. Les récits d’amis ayant déjà parcouru l’itinéraire, qui lui en parlaient comme de l’un des plus beaux chemins, ont renforcé son envie.

Son rêve était même devenu très concret : elle avait dessiné les quelque 1 600 kilomètres de son voyage idéal et affiché le tracé sur un mur. Mais pendant longtemps, le projet est resté en attente. Jusqu’au jour où Dohwa Kim a compris qu’en continuant à repousser son départ, elle risquait de ne jamais réaliser ce rêve.

Six semaines pour marcher aussi loin que possible

Son souhait initial est ambitieux : partir du Puy-en-Velay et marcher jusqu’à Santiago de Compostela.

Mais son activité professionnelle impose un calendrier précis. Une exposition personnelle est prévue à Séoul à la mi-novembre. Dohwa Kim dispose donc d’environ six semaines pour cette nouvelle aventure.

Sa priorité est de parcourir l’intégralité du Chemin du Puy-en-Velay, avant de poursuivre, si le temps le permet, sur le Camino Francés.

Pour elle, Saint-Jean-Pied-de-Port ne représente donc pas nécessairement une arrivée. C’est aussi un nouveau départ.

Saint-Jean-Pied-de-Port est le point de départ du Camino Francés, mais pour moi, c’est aussi l’endroit où l’excitation recommence. Je sais qu’une fois arrivée là-bas, j’aurai envie de continuer à marcher.

DKDowha Kim, Pèlerine sud-coréenne

Se préparer au dénivelé du Chemin du Puy

Dohwa Kim savait que le Chemin du Puy-en-Velay lui demanderait une préparation physique importante. Elle avait entendu parler de ses nombreux reliefs, de ses montées et de son caractère exigeant, qu’elle compare notamment au Camino del Norte.

Trois mois avant son départ, elle commence donc un entraînement consacré principalement au renforcement musculaire des jambes : montée d’escaliers, squats et fentes deviennent partie intégrante de sa préparation. Mais la préparation ne s’arrête pas à l’entraînement physique.

L’organisation des étapes et la réservation des hébergements ont également occupé une place importante dans ses préparatifs. Elle avait déjà envisagé de parcourir le Chemin du Puy l’année précédente, mais n’avait pas réussi à réserver ses hébergements à temps.

En Corée du Sud, le Camino est déjà bien connu

Le chemin de Saint-Jacques bénéficie d’une véritable notoriété en Corée du Sud. Dohwa Kim explique que la majorité des Coréens savent ce qu’est le Camino de Santiago. Cette popularité s’est notamment développée grâce aux émissions de télévision, aux célébrités ayant parcouru les chemins et aux nombreux livres écrits par des pèlerins coréens.

Des communautés en ligne et des groupes de discussion permettent également aux futurs pèlerins de préparer leur voyage et d’échanger conseils et informations avant leur départ. Le témoignage de Dohwa Kim s’inscrit ainsi dans une communauté internationale de pèlerins qui, bien au-delà des frontières européennes, trouvent sur les chemins de Compostelle une expérience personnelle et collective.

Seule, mais jamais vraiment seule

À l’exception d’un Camino parcouru avec ses parents et de deux expériences au cours desquelles elle a accompagné des pèlerins débutants, Dohwa Kim marche seule. Elle apprécie particulièrement cette manière de voyager et la recommande volontiers.

Marcher avec quelqu’un implique naturellement de tenir compte de l’autre, de partager son temps et ses préoccupations. En marchant seule, elle peut au contraire se concentrer pleinement sur son propre cheminement.

Mais solitude ne signifie pas isolement. C’est même l’un des paradoxes du Camino qu’elle apprécie le plus : on peut partir seul tout en rencontrant chaque jour de nouvelles personnes.

On n’est jamais vraiment seul sur le Camino, mais on a toujours beaucoup de temps pour soi.

DKDohwa Kim, Pèlerine sud-coréenne

Un sac à dos et une priorité : bien dormir

Si elle devait choisir un seul objet indispensable dans son sac, en dehors de l’argent, Dohwa Kim n’hésiterait pas : son sac de couchage.

Après une journée entière de marche, elle considère que bien manger et surtout bien dormir sont essentiels pour pouvoir repartir le lendemain. Pour elle, une bonne nuit est directement liée à l’énergie nécessaire pour poursuivre le chemin.

Une philosophie assez simple, mais particulièrement adaptée à la réalité du pèlerinage : marcher, manger, dormir… puis recommencer.

Et si le chemin menait jusqu’en Corée ?

Au-delà de son expérience du Camino, Dohwa Kim aimerait à son tour faire découvrir son pays aux pèlerins qu’elle rencontrera. La Corée du Sud est aujourd’hui largement connue pour sa K-pop, ses K-dramas et sa gastronomie. Mais l’artiste souhaite montrer une autre facette du pays : la chaleur de ses habitants et cette culture de l’attention portée aux autres.

Son invitation est simple : venir découvrir la Corée et y recevoir, à son tour, un accueil chaleureux.

Après onze chemins parcourus et un douzième départ en préparation, Dohwa Kim continue donc de faire du Camino bien plus qu’un itinéraire vers Santiago. Pour elle, chaque départ est une nouvelle occasion de marcher, de rencontrer, de découvrir, mais surtout de se retrouver.

Et cette fois, son chemin commence au Puy-en-Velay.